D'où je parle
Tout d'abord, je voudrais dire ceci : meletan.fr n'est pas, et ne souhaite pas être, le lieu où les choses se passent. Le lieu est ailleurs : en paroisse, en association, dans un groupe, en visio, là où l'on m'invite. Si on l'oublie, meletan.fr n'a plus de raison d'exister.
Le site sert à préparer ensemble des rencontres ; il tient plutôt de la maquette. Sur la page Lire la Bible ensemble, vous pouvez choisir le type de rencontre que vous souhaitez. Cela peut être un simple goûter, ou une étude où aucun mot d'hébreu ni de grec ne sera prononcé.
Le premier objectif d'une rencontre est la rencontre elle-même. Ensuite, si la Bible y trouve sa place, c'est dans un esprit d'atelier : on ouvre sa Bible et on y mène l'enquête. Bien souvent, ce sont d'abord les traductions des uns et des autres qui se font entendre. Toute personne peut participer, croyante ou non, sans avoir à déclarer ni à justifier sa foi.
Qui parle
Je m'appelle Pierre Bergounioux. Je suis théologien de formation : j'ai un master en théologie systématique de l'Université de Genève. Mon mémoire, Les langues finiront (1 Co 13,8), portait sur les langues minorisées. Ma recherche porte aujourd'hui sur le langage et la création chez Basile de Césarée. Je prêche depuis 2024.
Je ne suis ni pasteur ni enseignant, et je n'ai pas de mandat d'Église. Je parle depuis le protestantisme européen, luthérien et réformé, et depuis une « théologie de la Parole » : la Parole ne vient pas de nous, elle se reçoit. Le dire n'est pas une précaution d'usage. C'est une position, et vous avez le droit de la discuter.
Je sais aussi que le savoir donne du pouvoir. Celui qui connaît l'hébreu face à celui qui le découvre n'est pas à égalité. Les règles ci-dessous existent pour cela.
Ce que Meletan cherche, en cinq points
- Laisser le texte parler. Un texte résiste, et c'est une bonne chose. On le laisse dire ce qu'il dit avant d'y lire autre chose. Les outils de l'histoire ne menacent pas la foi : les employer est un geste de foi. C'est croire que tout ne va pas s'effondrer parce qu'on interroge. C'est savoir que notre lecture ne trouve pas sa fin en elle-même, mais en celui dont ces textes témoignent. Les outils de l'histoire, mais aussi ceux de la narratologie et d'autres encore, rendent attentif à ce que dit le texte. Parfois même, disons-le, ils permettent d'entendre à nouveau des textes qui ne nous parlaient plus.
- Les langues dépaysent, elles ne donnent pas la clé. Lire un verset en hébreu ou en grec peut faire entendre autrement un texte qu'on croyait trop bien connaître. Apprendre une langue est aussi un bon exercice pour l'esprit, qui l'aide à rester souple et vif. Mais croire que la langue d'origine livre le vrai sens est une illusion, que ce site dénonce régulièrement. L'étymologie trompe souvent, un mot ne dit pas ce que disent ses racines, et l'hébreu se lit lui aussi à travers une grammaire, un dictionnaire et une tradition. La Parole se dit toujours dans des langues, mais aucune ne la détient : ce n'est pas la langue qui fait la médiation, c'est le Christ dont ces textes témoignent. On peut d'ailleurs suivre une étude sans un mot d'hébreu ni de grec : à chaque groupe de choisir sa formule.
- Votre parole compte. Ce que vous dites ne vient pas compléter un exposé : cela change la lecture, la mienne comprise. Chacun dit ce qu'un autre n'aurait pas dit, et c'est souvent par là que le texte s'ouvre. Dans ces rencontres, nous recevons ensemble, moi compris : des questions que je ne me posais pas, des lectures qui corrigent la mienne, la rencontre de personnes que je n'aurais pas croisées autrement. Personne n'y détient la Parole : elle vient à chacun du dehors, parfois par la bouche d'un autre.
- L'Évangile reste l'horizon. On étudie des textes, mais ces textes témoignent d'un Dieu qui n'a pas déserté sa création, et du Christ crucifié et ressuscité. Je ne l'impose à personne. Je ne le cache pas non plus.
- L'annonce est gratuite. Cultes, prédications et études bibliques ne sont jamais rémunérés. Le travail pédagogique (cours, conférences, supports) peut l'être, sur devis écrit. Je ne tiens aucune liste de fidèles et ne transmets aucun nom.
Ni une Église, ni une école, mais pas sans les Églises
Meletan ne remplace pas la vie d'une communauté. Ce n'est pas une neutralité : c'est un choix de position, en marge des paroisses et à leur service. Les paroisses, associations et groupes qui m'invitent restent responsables du cadre de leurs rencontres ; on peut toujours s'adresser à eux.
Meletan ne propose ni accompagnement spirituel, ni thérapie, ni direction de conscience. Si un texte réveille quelque chose de lourd, je vous oriente vers une personne compétente.
Règles et garde-fous
Une charte des rencontres engage toutes les activités : liberté de conscience, position théologique assumée, respect œcuménique, confidentialité. Les désaccords, y compris théologiques, en font partie.
Les outils et l'intelligence artificielle
Les outils du site (lexique, frises, exercices d'hébreu, de grec et de latin) sont faits pour servir la lecture, pas pour la remplacer. Une grande partie du lexique et plusieurs exercices ont été préparés avec l'aide d'intelligences artificielles. Ils sont vérifiés par recoupement, pas tous au même degré, et je les relis au fil de l'eau.
Le nom
Meletan (μελετᾶν) est l'infinitif du verbe grec que la Septante emploie au psaume 1 pour celui qui médite la Loi « jour et nuit » (μελετήσει) : méditer, étudier avec soin. Ce n'est ni un programme ni une prestation de service, mais une proposition. Les activités présentées ici sont des exemples, et chaque rencontre se monte avec vous.