Proposition d'animation 1 · de septembre à juin
Qui savait lire le grec à Paris ?
On répète que la Renaissance commence en 1453, quand les savants grecs fuient Constantinople. L'histoire est plus longue. Bien avant, l'Occident réclame des maîtres de grec, et des hommes de langue grecque passent par les cours italiennes, par Avignon, par Paris. De septembre à juin, enquêtons sur ces passeurs, leurs leçons, leurs manuscrits, et créons ensemble une exposition.
- Le samedi après-midi
- Sans connaissance préalable
- Seul, en famille ou entre amis
Chercher, discuter, créer : une année ensemble.
À partir d'une énigme historique, nous apprendrons à chercher des sources, à confronter les témoignages et à distinguer ce que nous savons de ce que nous imaginons.
Tout le monde connaît la formule Graecum est, non legitur : « C'est du grec, cela ne se lit pas. » Les copistes du Moyen Âge l'auraient inscrite à la place des passages grecs qu'ils ne savaient pas lire. Mais où peut-on réellement la lire ? Nous n'en avons pas encore trouvé de preuve vérifiée.
Au fil de nos rencontres, nos découvertes prendront forme dans une exposition collective, destinée à circuler dans les paroisses, et sur un site internet.
Aucune connaissance préalable n'est nécessaire. Pas besoin d'être historien, ni de lire le latin ou le grec. Chacun pourra contribuer selon ses envies, ses curiosités et ses talents.
Un point de départ
Une formule que tout le monde cite, et dont il faut retrouver les traces : dans les manuscrits, les livres, les témoignages.
Une vraie recherche
Chercher des documents, apprendre à les lire, distinguer les faits des hypothèses. Pas une conférence : une enquête à plusieurs.
Une exposition
Des panneaux qui circuleront de paroisse en paroisse, et un site internet pour partager ce que nous aurons trouvé.
Notre enquête deviendra une exposition.
Elle ne viendra pas seulement à la fin : chaque rencontre pourra laisser une trace, un fragment, une notice, une image, qui trouvera sa place sur un panneau. Elle pourra rejoindre celle du cercle de Meaux, autour d'une même question : comment les textes circulent-ils, et qui peut les lire ?
Un empereur à Paris
Manuel II Paléologue séjourne à Paris avec sa cour, un demi-siècle avant la chute de Constantinople… (texte en cours d'écriture)« Graecum est, non legitur. »
Attestation manuscrite : à trouver.Qui a enseigné le grec à Paris avant 1458 ? Source ?
Georges Hermonyme
- Origine
- Sparte
- À Paris
- à partir des années 1470
- Élèves
- Budé, Reuchlin ?
- Sources
- à compléter
Aperçu imaginé de l'atelier : les panneaux réels seront composés par les participants.
Comment travaillerons-nous ?
Des rencontres le samedi après-midi, de septembre à juin. La recherche et l'exposition avancent ensemble, d'une rencontre à l'autre. Ce sont des repères, pas un programme : la place reste ouverte aux découvertes imprévues.
Ouvrir le dossier
Découvrir l'énigme, choisir ses portes d'entrée.
Premiers fragments épinglés.
Chercher les sources
Chroniques, registres, livres anciens numérisés.
Les premières notices s'écrivent.
Confronter, interpréter
Comparer les témoignages, peser ce qu'ils permettent d'affirmer.
Des panneaux en brouillon.
Raconter, illustrer
Vérifier encore, choisir ce qu'on raconte et comment.
Textes, images et mise en page.
Partager
Présenter nos découvertes, et nos questions restées ouvertes.
L'exposition part en tournée.
Trois choses à toujours distinguer
Ce que les documents attestent
Une date, une condamnation, un livre imprimé : ce que l'on peut citer, source à l'appui.
Ce que l'on peut reconstituer
La vie d'un étudiant, d'une boutique, d'un atelier : ce que l'on déduit prudemment de plusieurs sources.
Ce que nous imaginons
Les visages, les voix, les conversations. C'est la part de la fiction, et il faudra toujours le dire.
Que feras-tu dans l'équipe ?
Fouiller les sources
Chroniques, registres, vieux livres numérisés : chercher, comparer, vérifier.
Raconter
Écrire la suite des aventures de nos personnages, sans tricher avec l'histoire.
Dessiner, photographier
Donner un visage aux lieux et aux personnages, imaginer les panneaux.
Lire à voix haute
Faire entendre les textes de l'époque, enregistrer des scènes pour le site.
Monter l'exposition
Construire, mettre en page, installer les panneaux de paroisse en paroisse.
Poser des questions
Le rôle le plus précieux : demander « Et comment le sait-on ? »
Une formule, et tout un monde autour.
Graecum est, non legitur
- Traduction
- « C'est du grec, cela ne se lit pas. »
- Usage supposé
- note d'un copiste devant un passage grec
- Citée par
- Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831), et bien d'autres
- Manuscrit
- ?
Tout le monde la cite. Où peut-on la lire ?
Paris, XVe siècle : qui savait lire le grec ?
L'histoire habituelle commence en 1453 : Constantinople tombe, les savants grecs fuient vers l'Ouest, la Renaissance commence. Elle est trop simple. Dès 1312, le concile de Vienne demande qu'on enseigne le grec à Paris. En 1400, l'empereur byzantin Manuel II séjourne à Paris avec sa cour. À Avignon, Pétrarque prend des leçons de grec auprès de Barlaam.
Nous chercherons ce que les sources permettent vraiment d'établir : qui est venu, quand, pour enseigner quoi, à qui, et avec quels effets. Et ce que vaut, au bout du compte, une formule que chacun répète.
Six portes d'entrée dans l'enquête
Ce ne sont pas des thèmes imposés : ce sont des premières questions. Chacun entrera par celle qui l'attire, et le groupe les fera évoluer, en ajoutera, en abandonnera, au fil de ce qu'il découvrira.
Où lit-on vraiment Graecum est, non legitur, et depuis quand la cite-t-on ?
Paris, Avignon, les cours italiennes : où rencontrait-on des hommes de langue grecque avant 1453 ?
Qui enseignait le grec à Paris, et à qui ? De Grégoire Tifernas à Georges Hermonyme.
Quels manuscrits grecs circulaient à Paris, qui les copiait, et qui pouvait les lire ?
Quand et comment imprime-t-on le grec à Paris pour la première fois ?
Que s'écrivaient les lettrés grecs et leurs élèves latins ?
La Renaissance n'a pas attendu 1453.
Le récit habituel fait commencer le grec à Paris avec la chute de Constantinople. Les sources racontent une histoire plus longue et plus discontinue. Levez le voile sur ce qu'on oublie souvent.
- 1312Concile de Vienneil demande qu'on enseigne le grec à Paris
- 1342Pétrarque et Barlaamdes leçons de grec à Avignon
- 1400Manuel II à Parisun empereur byzantin et sa cour
- 1453Chute de Constantinoplele récit habituel commence ici
- 1458Grégoire Tifernasenseigne le grec à l'Université
- 1476Georges Hermonymeenseigne et copie à Paris
- 1495Jean Lascaris en Franceavec Charles VIII
- 1507Premier livre grec imprimé à Parischez Gilles de Gourmont
- 1508Jérôme Aléandreenseigne le grec à Paris
- 1530Premiers lecteurs royauxle grec hors de l'Université
Chercher des traces, pas des légendes.
Mettre les images commodes à l'épreuve
Les savants grecs sauvés de Constantinople, les copistes ignorants qui sautent le grec, les théologiens hostiles à toute langue nouvelle : ces images sont commodes, et souvent répétées. Nous les mettrons à l'épreuve des sources, sans chercher à les confirmer ni à les démolir d'avance.
Une enquête vraiment ouverte
Il se peut que nous ne trouvions jamais la formule dans un manuscrit. Ce serait déjà un résultat : comprendre pourquoi une phrase que tout le monde cite reste introuvable, et comment se fabrique un récit.
Pas besoin de lire le grec pour mener cette enquête. Mais vous aurez peut-être envie, en chemin, d'apprendre son alphabet.
Un jeu naîtra des sources.
Pour cette enquête, il n'y a pas encore de jeu : nous le construirons à partir de ce que nous aurons trouvé, avec des personnages et une intrigue propres. Le ludique viendra après les documents, pas avant.
Rejoindre l'animation
À vous de mener l'enquête.
Pas besoin d'être historien, latiniste ou théologien. Il suffit d'avoir envie de découvrir, de discuter et de raconter. Venez seul, en famille ou entre amis, à toutes les rencontres ou à quelques-unes.
Je veux participerUne proposition d'animation d'une paroisse de l'Église protestante unie de France, ouverte à toutes et à tous.
Les personnes, les lieux et les dates cités sont des pistes de départ : ils restent à vérifier ensemble dans les sources. C'est le cœur de l'enquête.