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μελετᾶν

meletan, verbe grec

  1. 1prendre soin
  2. 2s’exercer
  3. 3méditer

Le mot

Meletan (μελετᾶν) est un verbe grec. Il veut dire prendre soin, s’exercer, méditer : revenir à quelque chose avec application, jusqu’à ce que cela devienne familier.

Dans la Bible grecque, c’est le mot du Psaume 1 : l’homme heureux est celui qui médite la loi du Seigneur jour et nuit. Le terme hébreu qu’il traduit, hagah, désigne d’abord un murmure : on se redit le texte à mi-voix, on le rumine, on le laisse travailler. Josué reçoit la même consigne au seuil de sa mission.

Dans le Nouveau Testament, Paul écrit à Timothée, chargé d’enseigner et de prêcher : ταῦτα μελέτα, « médite ces choses, applique-toi à elles », afin que tes progrès soient visibles à tous (1 Timothée 4,15).

Meletan nomme donc un travail patient : lire, relire, chercher, et laisser le texte nous précéder.

Fréquenter un texte

Le grec parle de soin et d’exercice. Pour dire ce travail aujourd’hui, un autre verbe me vient : fréquenter. On fréquente un texte comme on fréquente quelqu’un, sur la durée, assez longtemps pour qu’il cesse d’être un inconnu sans jamais devenir tout à fait prévisible.

Car le texte résiste. On l’aborde avec ses attentes, ses habitudes de lecture, parfois ce qu’on espère y trouver, et il répond d’une autre voix. Un mot ne dit pas ce que la traduction laissait croire, une phrase refuse la place qu’on lui assignait. Lire, c’est alors accepter d’être contredit, reprendre le passage, le garder en tête d’un jour à l’autre et y revenir, jusqu’à ce que la lecture ait déplacé quelque chose chez le lecteur lui-même.

Pourquoi Meletan

Meletan rassemble des propositions de lecture de la Bible : groupes de lecture, études ponctuelles, initiation aux langues bibliques, conférences. Elles s’adressent à toute personne qui souhaite découvrir ces textes ou s’y former, croyante ou non, qu’elle les connaisse déjà ou les ouvre pour la première fois.

La lecture en groupe y tient une place centrale. À plusieurs, chacun remarque ce que les autres ont laissé passer, et la question d’un voisin de table suffit souvent à rouvrir un passage qu’on croyait compris.

Je suis théologien de formation. Je ne viens ni comme pasteur ni comme enseignant, mais comme un lecteur parmi d’autres, qui prépare la rencontre et apporte les outils utiles : les langues, l’histoire des textes, l’état de la recherche.

Une proposition

Je lis la Bible dans la tradition réformée, pour laquelle l’initiative ne revient pas au lecteur. C’est Dieu qui parle le premier, et c’est par son Esprit que sa Parole se fait entendre et agit en ceux qui l’écoutent. Meletan ne prétend donc pas produire ce fruit. Il naît d’un plaisir, celui de partager et de transmettre ce que l’étude donne à voir : la précision des langues, l’histoire des textes, les acquis de la critique. Ce travail ne fait pas écran à la parole qui nous interpelle, il aide à l’entendre plus justement. Quant à la croissance, c’est Dieu qui la donne.

Les rencontres ont lieu en ligne, en paroisse, dans des lieux associatifs ou des salles louées. Je peux aussi venir ponctuellement épauler celles et ceux qui font vivre une paroisse, une association ou un groupe, le temps d’un cycle ou d’une seule rencontre. Il n’est pas nécessaire de disposer d’un grand groupe ni d’un long programme : quelques personnes réunies autour d’un texte, d’un livre ou d’une question suffisent pour commencer.